Profession

L’AICVF à l’offensive

GC Magazine | 18 janvier 2018 |

Yves Nioche © CVC
L’Association des Ingénieurs en Climatique, Ventilation et Froid (AICVF) s’apprête à lancer sa mallette pédagogique sur le référentiel E+C- et compte bien peser dans les débats qui agitent le génie climatique.

Pour sa traditionnelle cérémonie des vœux, mercredi 17 janvier, l’Association des Ingénieurs en Climatique, Ventilation et Froid (AICVF) avait convié cette année ses invités, non pas rue de Rome dans ses locaux, mais dans le somptueux amphithéâtre de l’entreprise de promotion immobilière Quartus. « Les marchands de fioul ont mal au ventre. Le solaire thermique peine à se relancer, et l’avenir de la réglementation ventilation est en suspens ». Yves Nioche, son président, a d’emblée planté le décor de ce début d’année. Mais ce dernier, et son compère vice-président Michel Duclos, se veulent résolument optimistes et comptent bien faire entendre la voix de l’AICVF sur tous les sujets qui traversent le génie climatique. L’association commence d’ailleurs l’année avec la publication, fin janvier, des trois premiers modules de la mallette pédagogique E+C-, outil commandé par la DHUP et visant à familiariser les bureaux d’études avec ce nouveau référentiel qui préfigure la future réglementation. « Nous avons désormais une relation plus privilégiée avec la DHUP. Nous comptons bien nous en servir pour donner notre avis sur des sujets comme la refonte de la RT sur l’existant », souligne Yves Nioche.


Aussi, souhaitant faire de l’AICVF un carrefour où tous les acteurs du génie climatique se retrouvent, ils lancent également un concours destiné aux élèves BAC+2 /+3, dont l’épreuve se déroule ce jeudi 18 janvier à Lyon. « Nous ne connaissons pas encore le nom qui sera donné à ce prix mais nous savons d’ores et déjà que les établissements d’enseignement se battent pour que ce soit un des leurs qui l’emporte »,  remarque le président de l’AICVF.

Les lauréats du prix Roger Cadiergues

En attendant de connaître le lauréat de ce nouveau prix, la cérémonie des vœux a également été l’occasion, comme le veut la coutume, de remettre le fameux « Prix Roger Cadiergues » à trois jeunes ingénieurs.


Yves Nioche, Francis Allard, Mathieu Descombes, Claire Benosa, Hugo Demange et Mohamed Abdelmoumene


Claire Benosa, fraichement sortie de l’INSA Lyon a été récompensée pour son travail de fin d’études qui participe à l’intégration à venir des usages dits électro-domestiques (télé, machine à laver, ordinateur,…) dans les outils de simulations thermodynamiques. Cette dernière a développé sur un modèle stochastique un moyen d’évaluer précisément les consommations d’un téléviseur au sein d’un foyer, qui peut demain être dupliqué sur les autres équipements d’une maison. Avec ce travail, elle apporte ainsi sa pierre à l’édifice en vue de la prise en compte des usages domestiques dans la future réglementation.

Hugo Demange, qui a réalisé son Master Energie et Environnement à l’Université Pierre et Marie-Curie au sein du Crigen, laboratoire d’Engie, a lui évalué l’intérêt de la micro et mini cogénération (production simultanée de chaleur et d’électricité). Conclusion : dans le logement collectif, l’intérêt est grand, dans le tertiaire nettement moins. « Dans le logement collectif, l’intérêt de la micro ou mini cogénération est plus grand car la demande thermique subsiste tout le long de l’année. De manière à optimiser au mieux le fonctionnement de la cogé, nous avons implémenté un pilotage hybride durant l’été : dès que la charge électrique dépasse celle thermique, l’équipement fonctionne de manière à assurer l’intégralité des besoins électriques et dès que le ballon d’eau chaude assurant l’ECS atteint 80 °C, on retourne sur un fonctionnement aligné sur le besoin thermique. Nous arrivons ainsi à un retour sur investissement de 5 ans dans un immeuble de logement collectif. Dans un immeuble de bureaux neufs, l’intérêt de la cogé n’est valable que durant la saison froide. Et, en attendant une tarification spécifique valorisant la flexibilité qu’apporte ce type de production décentralisée d’électricité, nous n’atteignons donc pas de retour sur investissement inférieur à 20 ans avec la tarification actuelle dite "régulée" », explique à Génie Climatique Magazine le jeune lauréat.


 

Matthieu Descombes, fraîchement diplômé du cycle ingénieur en énergétique en apprentissage ISUPFERE (Institut Supérieur Fluides, Réseaux, Environnement) de Mines ParisTech , a été récompensé pour son travail de fin d’études sur une comparaison technico-économique entre les systèmes de canalisation multicouches pour le chauffage et la plomberie et les canalisations classiques de type acier, cuivre ou PVC. Il  a pour cela développé un outil comparatif technologique et financier afin de faciliter la décision du type de canalisation à employer. Cet outil permet de définir la canalisation la plus adaptée à mettre en œuvre en fonction des objectifs économiques et technologiques souhaités. Le lauréat en tire les conclusions suivantes : « Si le prix d’achat du multicouches est globalement plus élevé, le temps de mise en œuvre est plus faible. Au final, l’installation de tubes multicouches est généralement économiquement intéressante en dessous du diamètre nominal 50. De plus les tuyauteries multicouches peuvent être utilisées pour différentes applications (chauffage et plomberie), permettant ainsi l’installation d’un type de canalisation unique sur un chantier, ce qui facilite la gestion et l’organisation. »





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