Entreprises et marchés

Grenoble impose le raccordement au réseau de chaleur

GC Magazine | 4 mai 2018 |

© DR
Grenoble impose, à compter du 1er juillet 2018, et pour les 15 ans à venir, le raccordement pour les immeubles situés à moins de 150 m de part et d’autre du réseau de chaleur qui traverse sept communes (Echirolles, Eybens, Gières, Grenoble, La Tronche, Pont-de-Claix et Saint-Martin-d’Hères.




Tous les nouveaux bâtiments et ceux remplaçant leur installation de chauffage collectif devront se raccorder au réseau de chaleur de 170 km qui alimente déjà 46 000 logements, soit environ 100 000 personnes (second plus grand réseau français). Cette procédure s'applique sur une bande de 150 mètres de part et d'autre du réseau existant pour les bâtiments requérant une puissance thermique minimum de 100 kW (résidence d’environ d’au moins une quinzaine de logements). Des dérogations sont possibles pour les cas suivants :

- le bâtiment est alimenté à plus de 50% en énergies renouvelables locales ne pouvant pas être exploitées par le réseau ;
- le coût annualisé de la solution de chauffage alternative est inférieur d’au moins 5% à celui du chauffage urbain.

L’objectif de Grenoble-Alpes Métropole est ainsi de raccorder 500 bâtiments supplémentaires d’ici 2030, soit environ 23 chaque année.

Plus dense, plus vert


La mise en place de ce qui s’apparente à une obligation de raccordement au réseau oblige la Compagnie de chauffage intercommunale de l’agglomération grenobloise
(CCIAG), qui vient de se voir renouveler son contrat de délégation de service public pour les 15 prochaines années, à être plus vert que vert. Objectif donc : présenter un mix énergétique 100 % renouvelable et récupérable d’ici 2033.


Cela passe notamment par l'implantation d'une nouvelle chaudière cogénération au bois baptisée Biomax qui aura la capacité d'alimenter entre 15 000 et 20 000 logements en chaleur et 10 000 logements en électricité. Biomax produira de la chaleur et de l’électricité à partir d’un générateur de vapeur de 40 MW. La chaleur sera, à la fois, envoyée dans le réseau et utilisée pour produire de l’électricité via un groupe turbo-alternateur.

A terme, la centrale produira 220 GWh d’énergie par an (183 GWh de chaleur et 37 GWh d’électricité) et consommera environ 85 000 tonnes de bois par an. La totalité de ce bois sera issue de la région puisque la distance moyenne d’approvisionnement est de 60 km autour de Grenoble.


La mise en route de la nouvelle centrale thermique Biomax, le recours intensif au bois énergie et aux autres énergies vertes en substitution des énergies fossiles, auront pour effet d’accroître de 63 % à 85 % le taux d’énergie renouvelable dans le mix énergétique du réseau dès 2022. L’objectif sera d’atteindre 100 % d’énergies vertes en 2033.

En tout 200 millions d’euros de travaux seront investis par la CCIAG sur la durée de la délégation pour développer, entretenir le réseau de chauffage urbain. La CCIAG ambitionne ainsi d’inscrire le réseau de chaleur de l’agglomération grenobloise comme « le premier réseau de chaleur français « vert » métropolitain ».



Lire notre article Dijon met son réseau de chaleur à la cogénération




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